Joseph AVET

 

Né le 27 août 1811, Joseph Avet, appartenait à une vieille famille de Thônes. Son père, Jean-François dit Cadet, exerçait la profession de marchand tanneur sous les arcades et retirait de ses activités une honnête aisance qui lui permettait d’élever une famille de six enfants dont Joseph était l’aîné. 

Après ses classes d’instruction primaire, Joseph poursuivit sa scolarité au Collège de Thônes puis sans doute à Annecy. En 1831, il tirait un mauvais numéro (le 43) le désignant pour effectuer son service militaire, mais son père lui payait alors un remplaçant. Dans les années qui suivirent, il quitta la terre savoyarde pour s’en aller à Paris. 

Ayant trouvé un emploi de répétiteur ou de professeur dans la capitale à l’institution Saint-Victor, Joseph Avet y rencontra M. Hippolyte Pargoud, d’Albertville, qui avait déjà réalisé une grande fortune en Louïsiane, à l’exemple de ses oncles Girod — M. Avet se décida à partir pour la Nouvelle-Orléans (1837). 

Selon le chanoine Pochat-Baron: «Après avoir travaillé quelque temps au service des autres, il se lança pour son propre compte dans la grocery, c’est-à-dire dans le commerce de l’épicerie et de toutes sortes de marchandises. 

Avec une inlassable persévérance, il réussit, dit L’Abeille de la Nouvelle-Orléans, à gagner une fortune assez importante qui lui permit de vivre confortablement dans sa résidence de la rue de l’Esplanade et de faire plusieurs voyages en Europe et plus précisément à Thônes sa ville natale, avec laquelle il avait gardé des liens affectifs et familiaux. 

Ces liens expliquent la générosité dont il allait faire preuve à l’égard de ses concitoyens.

statue Joseph Avet

 

Le Château


Dans les années précédant 1860, Joseph Avet entreprit de se faire construire une résidence confortable au-dessus de Thônes le château. 

Mais il changea bientôt d’avis et, le 1 janvier 1860, il écrivait d’Amérique qu’il faisait don du château du Turban à la commune de Thônes afin d’y établir le collège installé dans ses vieux murs de la rue des Clefs. Le Conseil Municipal accepta avec joie mais le donateur ne pouvant obtenir d’avoir la main haute sur l’organisation des études et du pensionnat préféra abandonner son projet. 

Cependant, Joseph Avet ne renonçait pas à faire bénéficier la commune de Thônes, du château. Et, en 1863, les pauvres qui étaient accueillis depuis le Moyen Age dans l’hôpital hospice du centre ville y furent installés.

Dans son testament, Joseph Avet devait ajouter en faveur de sa ville natale de nouvelles libéralités à celles dont il l’avait déjà gratifiée. 

1° - Don de toutes ses propriétés mobilières et immobilières de Thônes pour la continuation de l’asile déjà créé

2° - 100.000 francs pour l’amélioration de cet hospice et l’institution d’un local chauffé pour recevoir, en hiver, les femmes de la campagne venant assister aux offices divins du dimanche;

3° - 100.000 francs dont les revenus seraient appliqués à une école commerciale;

4° - 50.000 francs dont le revenu servirait d’honoraires pour un médecin et un professeur de musique.

Déduction faite de tous les droits de timbre, d’assurance et de commission, la somme versée à la ville de Thônes s’éleva au chiffre de 247.331 francs, ce qui équivaudrait à environ F 3,5 millions valeur 1990.

 château Joseph Avet

La reconnaissance de la Ville : La statue et la place Avet

 

Bénéficiaires privilégiés des largesses de Joseph Avet, la commune de Thônes et ses habitants avaient déjà manifesté leur reconnaissance à leur bienfaiteur en lui confiant des honneurs et des charges auxquels il était sans doute sensible même s’il ne pouvait les exercer effectivement. 

Dès 1863, Joseph Avet était nommé capitaine, commandant de la Compagnie des Sapeurs-Pompiers. Sept ans plus tard, il était élu Conseiller Général du canton de Thônes puis, en mai 1871, maire de Thônes.

Mais Joseph Avet ne devait pas porter bien longtemps ces titres puisqu’il décédait le 27 octobre de la même année au retour d’un voyage qui l’avait amené au mois de juillet dans sa ville natale. 

Quelques années plus tard, le Conseil Municipal décidait de lui rendre un hommage solennel en faisant ériger une statue en son honneur au Carroz et en décidant que cette place prendrait le nom de «Place Avet». 

L’inauguration officielle eut lieu le 7 septembre 1879 sous un soleil radieux, «avec une superbe décoration au milieu d’un immense concours de peuple et avec la participation de la fanfare municipale d’Annecy ».

 

Réflexion en cours sur le devenir du Château Joseph AVET


Le projet de l'Association C.A.S.T.E.L. (Château abandonné, sauve ton édifice local) :

 

Alors qu'il est encore propriété municipale, quelques jeunes passionnés se sont pris d'amour pour ce patrimoine local et se sont donnés pour mission de le sauver d'une destruction certaine. Ils se sont constitués en association de sauvegarde du patrimoine, pour développer une communauté qui soit force de proposition et d'action autour de cette sauvegarde. L'objectif serait de se rapprocher au maximum du caractère propre de ce bâtiment, tel que Joseph Avet l'avait imaginé au XIX°, avec son toit mansardé et ses jacobines. Mais à l'heure actuelle, avant tout autre projet constructif, il s'avère impératif de sécuriser le lieu et de le protéger des intempéries.

Pour pérenniser ce château, emblème de notre localité, un projet d'hôtel restaurant raffiné, s'inscrivant dans une démarche éco-responsable, avec un spa et une belle salle de réception pouvant accueillir 200 personnes, est actuellement à l’étude. Le porteur du projet, M. Sébastien Montémont, a à cœur de respecter l'identité patrimoniale de ce bâtiment et de la mettre en avant. Ainsi, l’association met tout en œuvre pour rencontrer les habitants de Thônes, afin de recueillir leurs suggestions et répondre à leurs questionnements.

La parcelle sur laquelle se trouve le château serait aménagée en espaces verts, et les parkings végétalisés. L'hôtel se composerait d'une vingtaine de chambres dont 4 suites. Pour la décoration intérieure, quelques éléments patrimoniaux du XIX° seraient rénovés et valorisés, tels que les piliers en fonte d'origine, dans le plus pur esprit de leur époque, ou la superbe porte monumentale en noyer encore en bon état. Quelques meubles uniques d'époque, marqués de l'ancre de Joseph Avet, symbole de l'Espérance, pourraient retrouver leur cadre d'origine. Ceux-ci, au cours de toutes ces années, ont été conservés par les différentes Municipalités.

La faisabilité de cet ensemble dépendra bien évidemment de la capacité des porteurs du projet à rassembler tous les fonds nécessaires à sa réalisation.

L'association CASTEL a réalisé une vidéo du Château dans son état actuel. Vous pouvez la découvir en cliquant sur le lien suivant : https://youtu.be/TjYLpreXlMQ

 

Pour en savoir plus sur ce projet, prenez contact : chateau.avet@gmail.com.

 

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