Chaque année, plusieurs stèles commémoratives sont fleuries en mémoire d'habitants de la vallée martyrs des combats de la 2nde Guerre Mondiale.
Thônes
L'emplacement des stèles de Thônes est disponible sur la carte thématique patrimoine.
Les Pesetz
Le 28 mars 1944 à 15 heures : A la ferme Binvignat, on vient d'accueillir quatre jeunes maquisards du groupe des Lieutenants Bastian et Joubert qui a été intercepté la nuit précédente à Morette, dans sa marche de repli depuis le Plateau des Glières. Avec le chef de famille Léon Binvignat, Conseiller Municipal, on retrouve le garde des Eaux et Forêts Emile Quéré, monté de Thônes pour voir ce qu'il en est dans ce secteur de la commune. Quelques instants plus tard, débouche soudainement une patrouille allemande. Pour lui échapper, l'un des maquisards de cache dans la grange tandis que les trois autres s'enfuient vers la forêt. A ce moment là, Emile Quéré sort sur le devant de la maison pour essayer de discuter avec les soldats; il est mitraillé et mortellement blessé. Léon Binvignat, qui s'avance les bras levés, est mitraillé à son tour sous les yeux de sa famille. Il mourra quelques heures plus tard des suites de ses blessures.
Route du Château
Le Samedi 5 février 1944 : En ce jour de marché hebdomadaire, Thônes se réveille sous une épaisse couche de neige. Peu après 7 heures, le bourg est envahi par une centaine de Miliciens et une vingtaine d'inspecteurs spéciaux de la police sous les ordres du Chef départemental de Vaugelas. Toutes les sorties de la ville sont bloquées et les arrestations commencent. Un groupe de Miliciens se dirige sans hésitation vers la ferme Barrachin à la Curiaz où sont logés cinq résistants du Corps Franc du Lieutenant Bastian. Réveillés en sursaut par l'aîné des fils Barrachin, les jeunes essaient de s'enfuir. Deux s'échappent discrètement en direction de la forêt du Mont, mais les trois autres s'élancent à travers champ en direction du Château et se font mitrailler par les Miliciens. Georges Laruaz tombe mortellement blessé en ces lieux. Son frère André est blessé et sera repris au Collège Saint Joseph. Le troisième est arrêté.
Le Villaret
Le 30 mars 1944 : Depuis une semaine, les troupes ennemies sont installées à Thônes dans le cadre de l'attaque contre le Plateau des Glières. La maison du Villaret est occupée par la sinistre Gestapo qui interroge et torture les jeunes maquisards arrêtés après Glières. Ecoutons le récit d'un témoin : "C'est terrible de vivre ces événements comme aujourd'hui : douze fusillés au Villaret devant mes yeux (....). Ce tantôt, vers 3 heures et demi, les Allemands les faisaient monter par groupe de trois jusqu'au sommet de la côte à Déléan. Arrivés en bordure du bois, une rafale de balles les tuait. Au dernier groupe, les pauvres montaient docilement, les mains derrière le dos, quant, tout à coup, le premier, un grand, se sauva contre en-bas. Une seconde de stupéfaction et puis une rafale sur lui, et le malheureux s'effondre au sommet de la côte qui est en face du collège.".
Alex
Navoty
À l’issue des combats engageant le bataillon des Glières contre une division allemande, sept patriotes, après avoir été torturés par la Gestapo ont été fusillés en ces lieux, le 29 mars 1944. Originaires de notre région ou d’autres régions de France, mais aussi d’Espagne, ces hommes se sont retrouvés dans les différentes compagnies de Résistants sur le plateau des Glières. Il s’agissait de : Marcel HUGUET, Sébastien MARCAGGI, Olivier FOURNIER-BIDOZ, Jean MACHURAT, Charles MOLLET, Emile RAVOT et Raymond BARAT.
Monument Bastian - Lalande
A la glorieuse mémoire des lieutenants Pierre BASTIAN et Jacques LALANDE
Pierre Bastian, né à Bazoilles-sur-Meuse en 1907, l’officier au 27e B.C.A. entre à l’armée secrète levée contre l’ennemi occupant et les traîtres de Vichy, en 1942. Chef des Maquis de la Vallée de Thônes en juin 1943,il forme plus de 300 volontaires et en fait de vrais soldats. Adoré de ses hommes, estimé de ses chefs, et entouré de la généreuse amitié de la population, il organise le Camp des Glières, en janvier 1944 où l’Armée française reprit, en pleine occupation, sa vie, ses traditions, ses armes et son combat. Dans la lutte inégale contre Allemands et miliciens, il entraîne héroïquement sa troupe en mars 1944. Blessé et prisonnier de la Gestapo, il se tait farouchement malgré les pires supplices, sauvant ainsi ses camarades et ses amis. Les Allemands l’ont fusillé ici, lâchement, le 28 avril 1944.
Jacques Lalande, né à Paris en 1919, Saint-Cyrien et officier au 27e B.C.A., il s’engage dans l’armée secrète en 1942. Instructeur de Corps Francs en 1943 et Chef de l’A.S. du secteur de Bonneville, il encadre de nombreux maquis. Il monte au Plateau des Glières en mars 1944 et avec sa compagnie, soutient le choc de l’ennemi. Dénoncé après la bataille, la milice l’assassina par de sauvages et vaines tortures, le 28 avril 1944 et jeta son corps ici. Ces deux héros reposent à Morette, laissant au pays, la gloire de leur combat et à la jeunesse, l’exemple de leur sublime et fécond sacrifice. La France et les français vous sont reconnaissants.
Dingy-Saint-Clair
Monument aux Morts
Le secteur est investi par les Allemands en mars 1944. Le 26 mars 1944, vers quinze heures, le capitaine Maurice Anjot, Lambert Dancet, Louis Vitipon et les Républicains espagnols Florian Andujar, Manuel Corps et Antonio Perez, décrochent du plateau des Glières. Ils viennent se ravitailler à Dingy-Saint-Clair grâce à l'aide de la population qui prend des risques importants en les dissimulant au nez et à la barbe des Allemands qui sont dans le village. En repartant en direction de Naves, ils sont tués au lieu dit Le Clû. Unis dans le combat et la fraternité jusqu'au bout, leurs corps sont d’abord enterrés à Nâves avant d’être transférés au cimetière de Morette au mois de mai. L'école du village de Dingy-Saint-Clair porte le nom de leur illustre capitaine, Maurice Anjot.
Il convient de se souvenir que de nombreux habitants combattirent aussi à leur façon, souvent dans l'ombre. Moins illustres, ils agirent néanmoins pour sauver des vies et résister pour que vive la France de la liberté et des valeurs humaines qui font ce qu'elle est. Nécessairement dans l'ombre, et par conséquent souvent méconnue, la participation du village dans le maquis des Glières, avant et après pour être précis, vaut d'être contée. Dingy accueille en effet dès mars 1943 un maquis de Réfractaires au Service du travail obligatoire qui, transféré ensuite à Manigod, sera le noyau constitutif du maquis des Glières. Gérard Métral, fils du résistant Alphonse Métral, expliquera ainsi que Dingy, proche d'Annecy, permettait de tester quelques jours les nouveaux arrivants afin de s'assurer qu'ils étaient fiables, avant de les autoriser à rejoindre les autres maquisards du Plateau.
Dingy-Saint-Clair sera enfin, lors de la dispersion du maquis à la fin mars 1944, le lieu de transit de très nombreux maquisards cherchant à franchir l’étau des forces de répression depuis le col du Pertuis.
La Balme-de-Thuy
La Belle Inconnue
La plaque rappelle la mémoire de 29 résistants exécutés en ces lieux entre le 29 mars et le 13 mai 1944. Le premier groupe comporte le nom de 13 résistants interceptés fin mars au cours de leur marche de repli depuis le Plateau des Glières en direction de Thônes. Ceux-ci faisaient partie du groupe des lieutenants Bastian et Joubert, qui, descendus du pied de la Tête à Turpin, venaient de traverser le Fier pour grimper en direction de Cruet de du Lindion. Certains furent tués sur place, d'autres furent blessés et fait prisonniers puis fusillés par les allemands. C'est pour leur donner une sépulture convenable dès le 31 mars que le Maire de Thônes, Louis Haase décida, en accord avec le Maire de la Balme François Déléan, de créer à la limite des deux communes le Cimetière de Morette. Moins de 15 jours plus tard, un deuxième groupe de jeunes résistants fut amené en camion depuis Annecy et fusillé en ces lieux. Le 13 mai enfin, deux autres jeunes résistants y étaient également exécutés. Leurs cadavres ne furent découverts qu'au tout début du mois de juin par un jeune habitant de la Balme de Thuy (André Déléan), venu s'occuper de sa parcelle à cultiver. Prévenus, les Maires de la Balme et de Thônes se rendirent sur les lieux, accompagnés des gendarmes et firent procéder au transfert au cimetière de Morette des cadavres découverts dans 3 fosses différentes.



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